Récit de la Select Pornichet

Posted by on avr 29, 2013 in Uncategorized | No Comments

Unknown

9ème place pour cette première course en solo
La magie de la voile et de la course au large réside dans le fait que l’arbitre est la météo. Cette édition de la Select Pornichet en a été une belle illustration. Et même si, pour finir, c’est à mon insu que le vent a joué des tours, il n’en reste pas moins que la bataille sur l’eau a été superbe.

Revenons donc au moment du départ…

Samedi 13h. Après 2h d’attente dans la baie de Pornichet, le top départ est donné, et les 70 minis 6.50 franchissent la ligne. Bien que l’on parte pour trois jours de mer en solo, nous prenons le départ comme si la manche n’allait durer qu’une heure. C’est à dire qu’il n’est pas question de lâcher 1m aux concurrents. On s’applique donc, et on tâche de partir dans le bon paquet. Le départ est toujours un moment un peu stressant et excitant à la fois, aucours duquel la procédure précédant le top départ fait monter crescendo la pression chez tous les concurrents.

Le parcours habituel « en baie » offre un joli spectacle que j’aimerais bien apprécier sans être focalisé sur ma barre et mes écoutes. Ce n’est pas vraiment évident de lever la tête, surtout quand on commence à manoeuvrer: un premier virement de bord, puis un deuxième pour ajuster la trajectoire jusqu’à la bouée au vent. Préparation du spi, puis envoi, tout en se faufilant entre les bateaux qui arrivent à la bouée en même temps.

La flotte est alors très compacte et seuls quelques mètres séparent chaque bateau. Ayant bien négocié l’exercice du parcours en baie, je me retrouve en troisième position de ma catégorie! Le pouls cardiaque redescend un peu… il faut respirer, boire, et tout de suite penser au scénario à venir. Dans ma tête c’est assez clair: il s’agit cet après midi d’un régime de brise thermique, impliquant une installation du vent au secteur ouest (en train de se produire), puis une rotation du vent progressive sur la droite au cours de l’après midi. Je cherche donc à rester à droite des concurrents. Les deux bateaux devant moi glissent un peu sous gennak sur la gauche…. c’est bon pour moi!

Après avoir contourné la première marque de parcours, la quasi totalité de la flotte choisi de louvoyer dans la baie de Quiberon plutôt que de passer entre Houat et Belle-île…. On s’applique donc sur ces bords de prés à faire avancer le bateau le mieux possible. En fin d’après midi il s’agit de choisir par où sortir de la baie: soit par le passage des Béniguet, soit un peu plus loin par celui de la Teignouse…. Le soucis est que nous arrivons un tout petit peu tard et que le courrant, dans ces passages étroits, va se renforcer contre nous. Je choisis le passage de la Teignouse, moins favorable côté courant, mais potentiellement très avantageux si le vent se décide finalement à prendre de la droite. Seuls Simon Koster et Bert Bossyns m’emboitent le pas, quelques centaines de mètres derrière.

Au moment dudit passage, et alors que le décalage latéral avec le reste de la troupe est conséquent, le vent tourne d’un coup de 30°… BINGO! C’est autant de terrain gagné par rapport aux concurrents passés par les Béniguet. Ce décalage me permet d’arriver en tête au phare des Birvidaux… c’est la première fois depuis que je fais du Mini 6.50 que je me retrouve si nettement devant. C’est assez grisant!

La manoeuvre au phare des Birvidaux est un peu technique: la nuit est tombée, et il s’agit de faire quasiment un demi tour empannage compris, et de passer d’une configuration de voile sous gennaker au grand spi. Je prépare le spi sur tribord avant la manoeuvre, enroule le gennak au dernier moment, passe le phare au plus proche (c’est impressionnant de passer de nuit à quelques mètres d’un phare émergent de nulle part au beau milieu de l’eau), j’empânne et hisse le grand spi! La manoeuvre prend une bonne dizaine de minutes, matossage compris (déplacement des poids embarqués pour l’équilibre du bateau). Une fois le spi établi, je file à 10 noeuds environ vers Belle-île… Avec plus d’un Mille d’avance à bord de « Pas de futur sans numérique »,la vie est belle!

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Petite course de vitesse jusqu’à l’ile d’Yeu… je perds du terrain et me fait doubler par Arnaud Chaigne. Le vent est mollissant et moi aussi! Je me resaisis et conserve la deuxième place au passage devant les Sables d’Olonne.

Une remontée au vent de plus de 100 milles nous attend. Je décide un peu tôt de tirer vers le Nord et de lâcher le peloton de tête qui poursuit quelques milles dans l’ouest. Après avoir passé l’île d’Yeu, la nuit tombe et je me retrouve un peu seul. Je passe la nuit à enchainer les sièstes en ajustant à chaque fois le réveil pour me réveiller avant de croiser un pêcheur où un plateau rocheux. Car je ne suis pas loin de l’embouchure de la Loire, et de la presqu’ile de Noirmoutier.

Au petit matin, alors que je m’interroge sur ma position, je croise Aymeric Belloir, ce qui habituellement est plutôt un bon présage! Mais la météo en décidera autrement. Alors que nous repartons vers l’ouest et laissons Belle-île sur babord, le vent mollit puis tombe complètement. Nous finissons même, Aymerick et moi, par devoir jeter l’ancre pour ne pas reculer avec le courant. Tous les bateaux qui avaient passé Les Sables avec nous sont juste derrière… sauf un! Et oui encore cette Justine qui fait des siennes! Ayant décidé dans la nuit de passer par le sud de Belle île, Justine profite de quelques souffles d’air pour continuer la route. Après plus de deux heures, l’écart est énorme et nous ne la reverrons qu’à l’arrivée sur les pontons!

D’autres bateaux nous doublent également dans cette histoire…. Après avoir passé la fin de la course très déçu par la tournure des évènements, je finis par positiver en pensant à mon bon début de course.

J’ai su aller presqu’aussi vite que les bateaux les plus rapides, j’ai réussi à prendre quelques bonnes décisions, un bon départ, et mes manoeuvres ont souvent été bien réussies et efficaces.

Cependant plusieurs points m’ont empêché de finir la course mieux classé:

1) une stratégie à trop court terme qui m’a fait passer du mauvais côté de Belle île, avec pour conséquence une mauvaise position lorsque le vent d’ouest annoncé s’est installé.

2) un manque de vigilence sur les algues qui se coincent dans la quille: j’ai navigué plusieurs heures légèrement ralenti

3) un marquage de mes concurrents approximatif qui a laissé la place à Clément Bouyssou et Renaud Mary de me doubler après Belle île

4) Une baisse de motivation durant la deuxième nuit alors que je ne voyais plus de concurrent et me croyais un peu perdu.

Le très gros point positif c’est le bateau qui est maintenant très fiable et rapide et un skipper impatient de prendre sa revanche… rdv début juin pour le Trophée Marie Agnès Perron.

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