Bilan MAP

Posted by on juin 13, 2017 in Uncategorized | No Comments

De retour du trophée MAP, voici un petit point sur le déroulement de la course et sur les enseignements à en tirer pour la suite de la saison.

Cette course était une sorte de petit sprint car les conditions très favorables nous ont permis de parcourir les 220 Milles en un temps record. En étant pour ma part de retour à 19h30, j’établis un nouveau temps de référence en 28h30 environ. C’est une nouvelle victoire à inscrire au palmarès et de ce côté là c’est extrêmement satisfaisant. Petit à petit la liste s’allonge et c’est une récompense pour les partenaires qui me font confiance et sans qui rien ne serait possible.

Malgré tout, je suis un peu réservé sur le déroulement de cette course car j’aurais pu faire mieux en étant dans un meilleur état d’esprit… explications :

Le départ dans la baie de Douarnenez par vent de sud sud ouest rendait le plan d’eau très rafaleux sous le vent des falaises… Oscillant entre 12 et 22 nœuds, j’ai décidé de prendre un départ prudent en prenant un ris dans le foc et un ris dans la grand voile. Car si Griffon.fr est un bateau extrêmement puissant une fois lancé sur un bord, il n’en reste pas vulnérables lors de manœuvres précipitées. Les phases de départ se déroulent avec la flotte groupée, et on peut se retrouver à devoir manœuvrer dans la seconde pour éviter un concurrent prioritaire ou ayant perdu le contrôle de son bateau. Auquel cas et si on n’a pas le temps de penduler la quille du bon côté, de baisser la bonne dérive ou de ramener le bas étai le long du mât, ça peut vite se transformer en catastrophe…. Du coup autant garder un bateau sous toilé et manœuvrant! C’est donc ce que j’ai fait et bien fait. Aussitôt passé la première bouée de dégagement, j’ai pu débrider le bateau et toute voile dehors prendre la tête de la flotte le long des falaises qu’il fallait longer pour atteindre le ras de Sein, passage toujours mythique et redouté. Les courants puissants conjugués au renforcement du vent sur ce Cap proéminent rendent souvent la mer chaotique, et c’est donc une fois de plus en me faisant chahuté que je franchis cette difficulté du parcours. Cap vers le sud et l’archipel de Glénan. Je suis alors rassuré sur la vitesse de mon bateau et constate que l’avance est déjà conséquente sur mes premiers poursuivants, y compris sur le nouveau prototype de l’allemand Jörg Riechers.

Les milles défilent vite. Il faut manoeuvrer et changer de voiles au fur et à mesure que le vent adonne. Gennaker, puis code 5, médium et grand spi… toute la garde-robe y passe et j’essaie de manoeuvrer le plus vite possible pour creuser l’écart. Les Glénans laissés sur bâbord, il est temps de partir au vent arrière vers l’île de Groix que j’atteins en début de nuit. A la même heure l’année dernière, nous n’avions même pas franchi le Raz de Sein !

C’est quelques milles plus loin que les choses se compliquent. Tout d’abord je réalise que mon sac de nourriture est resté dans mon camion…. Bravo Ian, et premier avertissement (heureusement je retrouve un sachet de Babybel dans le fond du bateau ) ! Ensuite, alors que je passe le phare des Birvideaux marquant le point de retour vers la pointe bretonne, je choisis de ne pas virer tout de suite jugeant le vent très à droite…. Pourtant, il semble évident d’un point de vue tactique qu’il serait beaucoup plus judicieux de marquer la concurrence et de se placer entre la prochaine marque et les poursuivants. Dans ma tête, je sais alors que je prend des risques, mais trop en confiance je trouve amusant « d’aller voir » comment va se passer la rotation du vent au sud ouest en étant dans une position très sud par rapport au reste de la flotte…. je m’obstine à y aller !

Et ce qui devait arriver arriva…. Les bateaux poursuivants dont Erwan Le Méné coupent au plus court, et je vois mon avance d’une demi-heure fondre au soleil en à peine le temps de le dire !

Me voilà comme un c…. à égalité pour la première place dans des conditions qui peuvent s’avérer compliquées pour faire à nouveau la différence !

M’énerver ne sert à rien pour l’heure, mais je cogite à mon erreur et essaie d’en trouver les raisons. Le constat est clair pour moi, il s’agit d’une sorte de négligence provoqué par un sentiment de maîtrise de la course mal placé !

La mise en garde ne durera que quelques heures, et je fini quand même à reprendre quelques dizaines de minutes d’avance et finit la course en tête.

Avertissement sans frais pour l’heure, je pense avoir saisi la leçon. Mon bateau est certe rapide, il n’est plus question de jouer aux apprentis sorcier, mais bien de respecter les règles de la course. Pour gagner il faut maitriser les risques tactiques et se limiter à contrôler les adversaires lorsque l’avance le permet. Je suis content de m’être fait un peu peur et suis bien déterminé à naviguer plus prudemment tactiquement sur les prochaines épreuves, et surtout sur la MiniTransat.

Travaux pratiques la semaine prochaine lors du Mini Fastnet !

Merci à tous de suivre ces aventures et je ramènerai des vidéos de la prochaine course durant laquelle j’aurai l’honneur de naviguer avec David Raison, architecte de cet incroyable bateau et vainqueur de la Mini Transat 2011. Plein de nouvelles choses à apprendre j’en suis sûr !