Transgascogne 2015

Posted by on août 5, 2015 in Uncategorized | No Comments

14 mois se sont écoulés depuis la mise à l’eau de notre bateau « Entreprise(s) Innovante(s). Les casses sur les premières courses, les doutes sur les performances du bateau, les heures de préparation et d’entraînements… tout cela est aujourd’hui récompensé de la plus belle manière, par une magnifique victoire sur la Transgascogne, course en deux étapes entre la Vendée et la côte nord espagnole.

Retour sur ces deux victoires d’étape !

Une fois de plus, il nous a fallu patienter deux jours supplémentaires avant de pouvoir nous élancer dans une météo sans risque. C’est aux premières lueurs du jour que nous sommes sortis du port pour un départ sous spi très matinal. Les conditions s’annonçaient excellentes, consistant à naviguer au portant le long de l’anticyclone. Conditions parfaites pour mon bateau, comme pour célébrer cette première course pour laquelle je suis officiellement classé en bateau de série. Car les obligations qualificatives étaient enfin remplies, et le chantier PrepaNautic dans un coup de bourre supplémentaire venait de terminer le 10ème bateau obligatoire, 2 jours avant la course!

Le fil de la première étape s’est déroulé à merveille. Je prenais l’un des meilleurs départs et constatais rapidement que mes spis confectionnés par X-voiles sont de pures petites merveilles. Rapidement je prends les devants de la flotte et creuse même un joli petit écart. Les conditions sont parfaites mais l’état de la mer rend très difficile le fonctionnement du pilote automatique. Il faut donc barrer énormément mais c’est du pur plaisir ! Stratégiquement, je respecte l’analyse faite à terre avec le logiciel de navigation, et navigue le plus à l’ouest de la flotte pour bénéficier de la courbure du vent engendrée par la dorsale anticyclonique. Sur la fin du parcours il faut placer un empannage et je me creuse un peu les méninges pour choisir le moment opportun. Disposant alors de près d’une heure d’avance sur mes poursuivants, j’opte pour un compromis entre la meilleure trajectoire et le marquage des concurrents. Finalement je franchis la ligne avec 50 minutes d’avance sur le deuxième… Extra !

Deux jours plus tard nous reprenons la mer dans l’autre sens, cette fois dans des conditions beaucoup plus musclées et quasiment contre le vent, allure que j’affectionne beaucoup moins. La météo annonçait une rotation sensible du vent quelques heures après le départ, augmentant ma motivation pour ne rien lâcher les premières heures et m’accrocher tant que possible. Pourtant dès les premiers moments, je constate avec surprise que je suis loin d’être ridicule puisque j’arrive à tenir le rythme des bateaux que j’estimais plus à l’aise au près. Et quand le vent monte encore un peu, je trouve, par hasard, un réglage de voile étonnant que je n’avais jamais utilisé auparavant… Le bateau accélère un peu, gagne quelques longueurs sur les autres… Quelques longueurs encore… Et me voilà à nouveau en tête à me ménager quelques minutes d’avance. Dur à ce moment-là de ne pas penser à la victoire, mais tout peut arriver en mer, que ce soit la météo qui permet de revenir par derrière ou les avaries trop fréquentes comme les collisions avec containers, baleines, filets de pêche… Le sort en décide autrement, et sans rien taper, tout en creusant de plus en plus l’écart au fil des heures, je franchis une nouvelle fois la ligne à la première place.

Tout ce chemin parcouru, et aujourd’hui cette récompense. Un énorme merci à vous tous qui suivez l’aventure, à tous les partenaires qui se sont engagés pour la rendre possible, à PrepaNautic et Etienne Bertrand. Merci mille fois !

Et bravo à Julien Pulvé qui monte sur la deuxième marche du podium et vient compléter la fête du « team des Ofcet 6,50 », ainsi qu’à Tanguy Le Turquais qui s’arrache à bord de son Argo et termine en troisième position avec un bateau moins à l’aise dans les conditions rencontrées… Revanche fin septembre, départ de la MiniTransat !

A très vite!

Et voici quelques images de la course avec en prime une musique improbable mais que j’ai trouvée drôle…