Retour Les sables – Les Acores 2014 (premier virtuel)

Posted by on août 19, 2014 in News | No Comments
IanLipinski - Entreprise(s) innovante(s)

Arrivée Horta Les Sables 2014 – 3ème place. Chenal des Sables d’Olonnes

 

 

La grande Course de la saison 2014 est l’occasion d’un banc d’essai en grand et au large pour le nouveau Mini 6.50 de Ian .

« L’ofcet 6.50 est un tout nouveau  bateau de série dessiné par Etienne Bertrand et fabriqué par PrepaNautic qui n’est pas encore homologué par la classe Mini. Pour cela, il faut que 10 exemplaires aient  été vendus. « . Il court donc avec les prototypes mais sans les avantages techniques de ceux-ci (carbone, quille pendulaire, matériaux des voiles, etc….).

Mais pour le metteur au point de ce bateau innovant, le bilan est plutôt flatteur pour l’Ofcet et pour Ian. Sur les quatre parcours auxquels il a participé : une casse, un incident bout dehors mais deux secondes places et une victoire. (virtuelle) et une troisième place incroyable (Réel) dans la catégorie supérieure prototype.. 

Revenons sur les moments clés de cette étape retour Horta – Les Sables.

Au moment du départ le 6 août à 19h, Ian est partagé : il y a le désir de montrer enfin le potentiel du bateau après une étape aller frustrante puisque transformée en convoyage à cause du problème de barre rencontré du côté des côtes espagnoles et qui avait obligé Ian à s’arrêter pendant 20 heures à Gijon ; et il y a les conditions musclées de la météo qui incitent Ian à ménager le matériel… au moins dans les premiers jours. Il y a plus de 1200 milles à couvrir.

Au top départ, c’est Ian qui coupe la ligne le premier, signe d’hypermotivation. Les premières heures de navigation sont comme attendu, le vent est fort et les vitesses atteintes impressionnantes pour ces petits bateaux. Près de 10 nœuds de moyenne sur la première nuit. En bateaux de série, seul Tanguy Le Turquais, portant un spi plus grand qui permet un cap plus proche de la route directe, est allé un poil plus vite que Ian sur son Ofcet. En prototypes, Ian est classé 6ème.

Au 2ème matin le 8 août, la tête des bateaux de série s’étale sur plus de 15 milles du nord au sud. Tanguy est 7 milles au nord de Ian et 3 milles plus proche de l’arrivée, Damien Cloarec 3 milles derrière Ian sur la même trajectoire, les autres, Damien Audrain, Patrick Girod, Jonas Gerckens, François Jambou, Antonio Fontes, sont plus au sud. La première dépression les a dépassés, le vent a molli et les vitesses sont de l’ordre de 6 nœuds. Les 5 prototypes qui devancent Ian ont normalement creusé l’écart, le 5ème a déjà 15 milles d’avance sur l’Ofcet N°866.

Tout au long de la nuit suivante, Tanguy s’écarte de plus en plus de la flotte en gagnant vers le nord. Ian comme les autres s’y refusent, une grosse dépression est annoncée, ils ne veulent pas prendre le risque d’essuyer les coups de torchon prévus. Les conditions se détériorent et chacun réduit la voilure. Chacun sauf Damien Audrain, 2ème sur la première étape et qui garde plus de toile sur son vieux Pogo2. Du coup, il rattrape Ian dans la nuit, le dépasse et va mener le groupe des bateaux de série du sud pendant… quelques heures, le temps de casser une barre de flèche. La bagarre en tête est finie pour lui.

Ian reprend le commandement du groupe. A midi ce 3ème jour de course, il y a 34 milles d’écart latéral entre l’Argo de Tanguy et l’Ofcet, et près de 12 milles en distance au but. Tanguy profite de vents plus forts, mais qui restent finalement maniables. Il va creuser l’écart sur tous les bateaux de série. A 14h le 10 août, Damien Cloarec est à 35 milles, Jonas Gerckens à près de 40. Seul Ian garde le rythme, à 12 milles de Tanguy. Mieux, il a dépassé un prototype qui a choisi une route beaucoup plus au sud. Le voilà 5ème au classement officiel des prototypes. La mi-course est dépassée, le Cap Finisterre et le Golfe de Gascogne sont en ligne de mire. Il faut choisir comment les négocier. Le vent a tourné après le passage du front. Pour Ian, c’est l’heure.

A 15h , il met du nord dans son cap. A 17h son retard sur Tanguy est passé de 12 à 9 milles, à 20h à 6 milles. Toute la nuit il avance à 10 nœuds et continue sa remontée, profitant de son meilleur angle au vent et des qualités évidentes de l’Ofcet à cette allure. Quand le jour se lève le 11 août, il est sur la route de Tanguy, mais 4 milles devant ! Damien Cloarec et Jonas Gerckens sont désormais à plus de 50 milles ! En prototypes, Ian a assuré sa place de 5ème. A 380 milles de l’arrivée, il est devancé par Ludovic Méchain, 4ème, qui possède 18 milles d’avance, et par Michelle Zambelli, 3ème, qui en a 33. Mais les vrais concurrents de Ian, ce sont les bateaux de série, et d’abord Tanguy qu’il lui faut contrôler pour gagner (virtuellement) l’étape. Quand le jour se couche, Ian a creusé un peu l’écart sur lui : 8 milles d’avance.

Avant l’aube suivante, dans un vent d’ouest toujours portant, Tanguy empanne et s’échappe vers le nord sans que Ian qui fait cap à l’est, ne le voie (il a disparu de l’AIS, le système qui permet de détecter et identifier les bateaux à courte distance). Au matin du 12 août, Ian a toujours ses 8 milles d’avance sur Tanguy mais il ne sait plus où il est, et plus de 80 sur Damien et Jonas qui ne bénéficient plus des mêmes conditions. Au classement prototypes, Ian est 4ème ! Il a dépassé Ludovic Méchain de quelques milles en distance au but, mais ils sont séparés latéralement de près de 15 milles, Ian plus au nord, Ludo plus au sud. Michelle Zambelli, encore plus au sud, garde 25 milles d’avance sur Ian. Ces trois skippers vont produire un final d’anthologie mais on n’y est pas encore. L’objectif de Ian reste la victoire virtuelle en série.

A 14h, Ian, tribord amure, croise la route de Ludo, babord amure. Il voit Ludo 3 milles derrière. Il empanne et tente de le suivre mais logiquement, sur son vrai proto vainqueur de la dernière Mini Transat, Ludo est plus rapide. Ils régatent toute la journée. A 20h, Ludo a gagné 7 milles, il est 4 milles devant Ian. Il leur reste encore plus de 100 milles à parcourir jusqu’aux Sables. Michelle Zambelli, sur le prototype qui avait remporté la SAS en 2012, n’en a plus que 60 mais il est toujours plus au sud, loin des deux compères.

C’est une nuit orageuse qui va tout remettre en cause. Ian et Ludo font cap à l’Est, plus ou moins côte à côte. A 2h, Ian et Ludo foncent à 10 nœuds, il leur reste 60 milles avant la ligne d’arrivée, Ludo un peu moins, Ian un peu plus. Michelle n’en a plus que 28 mais il est au près pour remonter vers Les Sables, et quasiment arrêté à 2,5 nœuds ! A 4h, Michelle a retrouvé un peu plus de vitesse, il est à 18 milles de l’arrivée. Ian s’est un peu écarté de Ludo, il va plus vite, il a comblé son retard mais il leur reste encore 42 milles. Avec l’orage, il y a de l’eau partout. Celle qui tombe du ciel se mélange aux dizaines de litres d’eau de mer qui à chaque vague envahissent le cockpit de l’Ofcet. Pour la première fois de la course, Ian qui s’est pris à rêver d’une 4ème place en proto, va un peu au-delà du raisonnable : il continue de porter beaucoup de toile malgré les rafales qui vont atteindre les 35 noeuds. A 6h, il déboule à 11 nœuds, plein est. A 25 milles de l’arrivée, il a pris un petit mille d’avance sur Ludo. Michelle dont il ne se préoccupe absolument pas car il pense qu’il est arrivé depuis longtemps, a encore 10 milles à parcourir mais du fait de sa position au sud, il doit faire un cap plein nord pour rejoindre Les Sables, il est donc au près à 5 nœuds.

A 7h30, Ian a pris définitivement l’avantage sur Ludo qui a un peu levé le pied, quand il a la surprise de voir un autre mini arriver au près, remontant du sud vers le nord. Qui est-ce ? Tanguy ? Comment aurait-il pu faire pour se retrouver là ? Saisi de doutes, il appelle à la radio VHF pour signaler son arrivée imminente et demander si c’est Tanguy qui arrive aussi. Evidemment, on ne lui donne pas l’info. Encore quelques minutes et il découvre stupéfait qu’il s’agit de Michelle Zambelli qu’il va coiffer sur le poteau, coupant la ligne à 7h58, deux toutes petites minutes avant Michelle. Contre toute attente et tout pronostic, Ian fait sur cette 2ème étape un podium au classement des prototypes, sur cet Ofcet, futur bateau de série et donc bien plus lourd que les vrais protos car interdit de carbone, et dépourvu de quille inclinable ou de ballasts.

Tanguy, premier des bateaux de série officiels, arrivera avec plus de 4 heures de retard sur Ian, Damien Cloarec, officiellement 2ème de l’étape, 8 heures et demi après Ian, juste avant Jonas qui gagne au classement général de la course en séries. François Jambou qui découvre la course au large en solo prend une superbe 4ème place sur la 2ème étape. Avec sa 3ème place, à Horta, il garde sa place sur le podium au général.

Pour résumer cette étape épique, Ian dit qu’il a navigué comme il le souhaitait, qu’il a pris les bonnes options météo, et qu’il a été très raisonnable pendant toute la course. Enfin, presque toute la course:-)

Le résultat est inespéré. L’Ofcet et son « skipper d’essais » ont définitivement frappé les esprits. La saison prochaine, celle de la Mini Transat 2015, s’annonce déjà pleine de promesses.

Marc Lipinski

 

Ian Lipinski

Arrivée Horta Les Sables 2014 – 3ème place. Chenal des Sables d’Olonne

 

Ian Lipinski - Ofcet 6.50

Arrivée Horta Les Sables 2014 – 3ème place.