Récit de course: prise de tête

Posted by on nov 14, 2013 in Uncategorized | No Comments

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« Mini Transat » Ian nous raconte comment il l’a vécue jusqu’à présent. Première partie.
Bonjour à tous!

On vient de faire la face nord du Mont Blanc… à présent nous déchaussons les crampons, déposons les cordes et les piolets…. place aux skis et à la poudreuse!!!
Voici le récit des semaines passées… sympa la croisière au mois de novembre dans le Golfe de Gascogne sur des coques de 6m50!!!

Je me souviens, en lançant ce projet mini, une des motivations était de réussir à prendre le départ de cette Transat : « être au départ est déjà une victoire », cette phrase n’a jamais été aussi vraie ! Voilà presque un mois que la course aurait dû débuter. Mais la météo et les aléas de la mer en ont décidé autrement, et au lieu d’une régate, c’est une véritable épopée que nous avons menée, où les aventures se sont succédé, se finissant plutôt bien pour la plupart, mais très mal pour certains. Heureusement, il n’y a pas eu de drame humain.

En effet, dès le départ de Douarnenez, où nous étions alors en course, quelques abondons ont vite été déclarés sur des collisions, et des problèmes techniques. Pour ma part je tirais bien mon épingle du jeu et sortais de la baie dans les cinq premiers en série.

Rapidement, nous pouvions tirer la barre et envoyer le « gennaker » pour les plus motivés, ou les plus fous selon les points de vue. Car la mer était suffisamment désordonnée pour que certains estiment déraisonnable d’y lancer nos montures à plus de 10 nœuds. C’est alors que Arthur qui navigue en proto, se fait littéralement éjecter de la plage avant où il allait manœuvrer ! Heureusement attaché, il se fait traîner à pleine vitesse par son bateau et ne réussit pas à y remonter… Ce n’est qu’après plus d’une demi-heure et plusieurs tentatives qu’il réussit à se sortir de cette impasse en arrêtant le bateau par un drôle de procédé : il ouvre le taquet de bastaque et provoque ainsi lui même le démâtage ! Tanguy Le Turquais qui passait alors à côté, s’est arrêté et a guidé le bateau de la marine nationale qui nous accompagnait, et qui a pu récupérer Arthur transi de froid et extrêmement choqué. Le bateau a pu être récupéré par la suite et Arthur va bien… ouf !

Pendant ce temps, nous autres déboulions à pleine vitesse vers le sud quand le bulletin météo de l’organisation nous apprend que l’étape est raccourcie et que nous devons rejoindre le port de Sada en Galice. Je suis alors premier des séries.

Encore en « mode régate », nous sommes un petit groupe à partir au près vers l’ouest pour aller chercher un front derrière lequel une rotation du vent devait être favorable. Nous franchissons ce front dans la deuxième nuit. Séance rodéo au milieu du Golfe de Gascogne avec une trentaine de nœuds de vent et une mer plus que formée. Ça tape très très fort, il pleut des cordes et on avance à 80 degrés de la route… que du bonheur. Je me rendrai compte le lendemain que sous les chocs du bateau passant les vagues, un gros câble qui maintient le gréement du bateau s’est rompu ! Je voulais le changer cet hiver, mais le gréeur m’avait alors dit : « vu la section du câble, c’est impossible que ça casse » !

Le front franchi (non sans souci pour certains dont Jeffrey Mcferlane qui démâte et doit abandonner son bateau, ainsi qu’un autre proto qui perd sa quille et dont le skipper est récupéré par un cargo à destination de… Pointe à Pitre, un comble !) , nous pouvons virer de bord et pointer vers l’arrivée. C’est alors que le nouveau bulletin météo de l’organisation nous apprend que les conditions se détériorent gravement, et qu’il faut absolument arriver avant 9h le lendemain matin, ou envisager sérieusement de se dérouter. Pour moi, la course n’est pas annulée, je poursuis ma route sans me poser trop de questions. Il faut juste aller vite et ne pas mollir. Ça tombe mal, le vent tombe complètement, et pendant 4h je suis immobilisé. On repart finalement et le vent de sud ouest fraîchit rapidement. La nuit tombe et vers quatre heures du matin, un bateau accompagnateur venu à notre poursuite nous signale que la course est annulée, que nous sommes les derniers à être au courant, et qu’il faut rejoindre le port de Gijon. Dommage car j’étais alors en super position, et l’arrivée n’était plus qu’à 60 milles quand le port de Gijon est à plus de 100 milles !

C’est quand même avec soulagement que nous dégageons de la zone dangereuse et adoptons un mode « convoyage » pour les dernières 24h… C’est là que les aventures ont commencé !

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